24 septembre 2026 — Santé & prévention
Risques de l'amiante pour la santé : pourquoi le désamiantage est nécessaire
Pourquoi faut-il désamianter un bâtiment même quand rien ne se voit ? Parce que l'amiante tue par des fibres invisibles, parfois vingt à quarante ans après l'exposition. Une plaque de fibrociment en bon état peut sembler inoffensive ; dès qu'elle est percée, cassée ou usée, elle libère des fibres microscopiques qui pénètrent profondément dans les poumons. Beaucoup de bâtiments biennois construits avant 1991 — villas de Vigneule et Beaumont, anciennes manufactures horlogères, immeubles du centre — en contiennent encore. Voici ce que l'amiante fait à l'organisme, qui est concerné dans le Seeland, et pourquoi seul un désamiantage réalisé par des professionnels reconnus SUVA protège durablement les occupants.
Pourquoi l'amiante reste-t-il un danger sanitaire majeur à Bienne ?
L'amiante est un minéral fibreux naturel massivement utilisé en Suisse jusqu'à son interdiction en 1990 : plaques de toiture en fibrociment, flocages de plafonds, calorifugeages de chaufferies, dalles de sol vinyle-amiante, joints et colles. Ces matériaux équipent encore des milliers de bâtiments du canton de Berne construits ou rénovés avant cette date.
Le danger vient de la friabilité de ces matériaux. Tant qu'ils restent intacts, les fibres sont liées dans la matière. Mais dès qu'on les coupe, les perce, les ponce ou qu'ils se dégradent avec le temps, ils rejettent des fibres dont le diamètre est jusqu'à 500 fois plus fin qu'un cheveu. Invisibles à l'œil nu, elles restent en suspension dans l'air des heures durant et sont inhalées sans qu'on s'en aperçoive. C'est vrai dans une cave de villa à Nidau comme sous la charpente d'une ancienne usine biennoise.
Quelles maladies l'amiante provoque-t-il ?
Une fois inhalées, les fibres les plus fines atteignent les alvéoles pulmonaires et s'y logent définitivement : l'organisme ne parvient pas à les éliminer. Avec le temps, elles provoquent une inflammation chronique et des lésions qui débouchent sur trois grandes familles de maladies :
- L'asbestose. Une fibrose progressive du poumon qui rigidifie les tissus et réduit peu à peu la capacité respiratoire. Elle touche surtout les expositions fortes et prolongées.
- Le mésothéliome. Un cancer rare et très agressif de la plèvre (l'enveloppe des poumons) ou du péritoine, quasi exclusivement lié à l'amiante.
- Le cancer du poumon. Le risque est majoré et se multiplie encore chez les fumeurs exposés à l'amiante.
L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l'Organisation mondiale de la santé estiment à environ 90 000 le nombre de décès liés à l'amiante chaque année dans le monde, ce qui en fait l'une des premières causes de maladie et de décès d'origine professionnelle. En Suisse, la SUVA continue de reconnaître chaque année de nouveaux cas, plus de trente ans après l'interdiction du matériau.
Pourquoi la latence rend le risque si trompeur
La particularité de l'amiante tient à son temps de latence de 20 à 40 ans entre l'exposition et l'apparition de la maladie. Une personne qui respire aujourd'hui des fibres dans un immeuble biennois n'aura souvent aucun symptôme avant plusieurs décennies. Cette longue période d'incubation a deux conséquences :
- On ne peut pas se fier au fait de « se sentir bien » pour conclure qu'un bâtiment est sans risque ;
- Chaque exposition évitable aujourd'hui est un risque de maladie prévenu pour l'avenir.
C'est pourquoi la prévention prime sur le soin : une fois les fibres fixées dans le poumon, aucune prise en charge ne les en retire. La seule stratégie efficace reste d'éviter l'exposition, en repérant les matériaux amiantés et en les faisant retirer ou confiner dans les règles de l'art. Le repérage commence par un examen méthodique du bâti : notre guide explique comment reconnaître un matériau amianté dans son bâtiment.
Qui est concerné dans la région de Bienne ?
Le risque ne concerne pas seulement les ouvriers du bâtiment. Dans le Seeland, plusieurs profils y sont exposés au quotidien :
- Les occupants d'immeubles anciens. Un flocage dégradé dans un local technique, une toiture en fibrociment qui s'effrite ou des dalles de sol usées libèrent des fibres dans les parties communes.
- Les artisans et bricoleurs. Perceuse, ponceuse ou scie sur un matériau amianté transforment un simple geste en émission massive de fibres, sans masque ni confinement.
- Les propriétaires qui rénovent. Toute rénovation d'un bâtiment d'avant 1990 doit d'abord vérifier la présence d'amiante avant de toucher aux matériaux, comme l'exige la réglementation suisse.
La démarche officielle qui transforme un doute en certitude reste le repérage avant travaux, que couvre notre prestation de diagnostic amiante avant travaux à Bienne.
Pourquoi seul un désamiantage professionnel protège vraiment
Retirer soi-même un matériau amianté, même « proprement », revient souvent à disperser les fibres dans tout le bâtiment : un simple sac-poubelle ne retient pas des particules de quelques micromètres. Un désamiantage conforme repose sur un protocole strict :
- Enceinte de confinement et dépression d'air pour piéger les fibres à la source ;
- Protections individuelles adaptées (combinaisons jetables, masques à filtres) et protocole de décontamination ;
- Évacuation en filière autorisée, avec bordereau de suivi des déchets ;
- Contrôle d'empoussièrement final réalisé par un bureau agréé pour libérer le site en toute sécurité.
En Suisse, ces travaux sont réservés à des entreprises reconnues par la SUVA, dont nos équipes font partie, et les chantiers du canton de Berne sont surveillés par l'Office des eaux et des déchets (OED). Protéger durablement les occupants d'un bâtiment biennois passe donc par un retrait encadré, contrôlé et tracé — jamais par un bricolage.
Questions fréquentes sur les risques de l'amiante pour la santé
Quels sont les principaux risques de l'amiante pour la santé ?
L'amiante provoque des maladies respiratoires graves et souvent mortelles, dont l'asbestose, le mésothéliome et le cancer du poumon. Les fibres inhalées se logent durablement dans les poumons : on estime à environ 90 000 les décès liés à l'amiante chaque année dans le monde, ce qui en fait l'une des premières causes de maladie professionnelle.
Combien de temps après l'exposition les maladies apparaissent-elles ?
Les maladies de l'amiante se déclarent généralement 20 à 40 ans après l'exposition. Cette latence très longue explique pourquoi les victimes d'aujourd'hui ont souvent été exposées avant l'interdiction des années 1990, et pourquoi il faut traiter le risque bien avant l'apparition du moindre symptôme.
L'amiante est-il interdit en Suisse ?
Oui, l'amiante est interdit en Suisse depuis 1990. Tous les bâtiments construits ou rénovés avant cette date peuvent toutefois en contenir : à Bienne comme dans tout le Seeland, fibrociments de toiture, flocages de plafonds et dalles de sol d'avant 1990 restent concernés et doivent être traités par une entreprise reconnue SUVA.